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contribution au budget communautaire, le Conseil
européen acceptait le gel du financement de la recherche sur les cellules
souches embryonnaires jusqu'au 31 décembre 2003. Le compromis proposé par
la présidence danoise (30 septembre 2002) était rédigé dans les termes suivants
:
« Le Conseil et la Commission ont convenu que les dispositions
d’application précises concernant les activités de recherche comportant
l’utilisation d’embryons humains et de cellules souches embryonnaires
humaines qui peuvent être financées au titre du sixième programme cadre
seront définies d’ici le 31 décembre 2003.
« La Commission déclare que, dans l’intervalle et en attendant la
définition des dispositions d’application précises, elle ne proposera pas
de financer ces activités de recherche, à l’exception de l’étude de
cellules souches embryonnaires humaines mises en réserve dans des banques
ou isolées en culture.
« La Commission suivra les progrès et les besoins de la science… en tenant
compte des avis du Groupe européen d’éthique et du groupe européen des
conseillers pour l’éthique de la biotechnologie ». (Document du Conseil
de l’Union européenne, 12374/02 ADD1.)
Après la proposition que vient de rendre publique la Commission, le Conseil
européen prendra la décision finale après avis du Parlement européen.
Déjà plusieurs
remarques s'imposent :
1/ La confusion des mots. Dans la communication
de la Commission on lit que " les lignes directrices [de sa proposition] sont fondées sur un certain nombre de principes éthiques fondamentaux, notamment le principe de la dignité humaine et la liberté
de la recherche".
En devant tout à fait relative, la référence "éthique"
devient une "norme"
acceptable par la société, au mépris du principe
de la dignité et de la vérité
de l’homme.
Car le cadre éthique qui associe la dignité humaine et la liberté
de la science ne serait-ce pas plutôt d'exclure la recherche destructrice des embryons, jusqu’alors toujours considérés comme des êtres
humains dans nos débats parlementaires, et de réserver le financement européen à la recherche sur les cellules souches adultes qui respecte le principe de la dignité humaine et la liberté de la science ?
Oser parler de "règles éthiques
rigoureuses" comme le commissaire Busquin est inadmissible.
2/ L'énumération des règles strictes ne suffit pas à rendre acceptable
la proposition de la Commission. Celle-ci s’abrite derrière des « limites »
qui jusqu’à preuve du contraire n’enlèvent pas à l’embryon son humanité,
sinon en le chosifiant :
- l'absence de méthode alternative (comme l'utilisation de cellules souches
adultes),
- l'absence de projet parental et le consentement libre et informé des
donneurs,
- l'approbation de ce type de recherches par l'autorité nationale concernée
(il n'est pas question de financer des recherches sur des cellules
embryonnaires dans des pays qui s'y opposent a rappelé le Commissaire),
- l'absence de gain financier pour le donneur,
- des règles garantissant l'anonymat du donneur et la transparence.
3/ L'utilisation des embryons conçus avant le 27 juin 2002, date
d'adoption du VIe Programme Cadre pour éviter de créer des embryons à des
fins de recherche n'est qu'un faux argument. Certains embryons seraient "utilisables"
en fonction de leur date de conception. Il sera difficile de contrôler.
4/ Le don des "parents" :
l'embryon est donc un enfant. C'est une raison suffisante pour le respecter
quel que soit son état de développement.
5/ Difficile transgression.
Contrairement à ce qu'affirme le texte (p. 2), c'est la première
fois que l'Union européenne propose de financer la recherche sur les cellules souches embryonnaires.
6/ Abus de pouvoir. Enfin, bien que la Commission s'interdise de définir des principes éthiques, de la compétence des États membres, "la proposition des orientations éthiques" contredit cette position.
En outre, certains États qui interdisent sur leur territoire ce type
de recherche, y participeront cependant dans les pays où elle est
autorisée, par leur contribution au budget communautaire.
En conclusion, la proposition d'un "cadre éthique" n'est
qu'une clause de style pour justifier le financement de la recherche sur
les cellules souches embryonnaires, contraire au principe de dignité
humaine que ce cadre éthique prétend respecter.
Une fois de plus, l'abus de langage, les contradictions, les références à
la dignité humaine n'ont d'autre but que de servir la compétition dans un
domaine où l'Europe aurait pris du « retard ». La dignité humaine, le
respect de la vie de tout être humain fut-il embryonnaire n'est ni affaire
de compétition ni affaire de finances.
L'Europe en voie de réunification, qui s'apprête à adopter un nouveau
Traité fondateur, devrait rappeler à cette occasion le premier des droits
de l'homme, le droit à la vie, reconnu et partagé par tous. Les États s'en
souviendront-ils au moment de prendre la décision finale
?
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